Le Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE), avec l’appui financier de son partenaire, le Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité de Genève (DCAF), a organisé du 16 au 18 juin 2026 à Conakry un atelier de renforcement des capacités et de validation du rapport de l’étude complémentaire sur l’implication des acteurs privés dans le secteur de la sécurité en Afrique de l’Ouest, avec un focus particulier sur la Guinée.
Cette rencontre a réuni plusieurs responsables d’entreprises de sécurité privée, des représentants des structures de régulation ainsi que des acteurs de la société civile. Elle a permis d’examiner les conclusions de l’étude réalisée en novembre 2025, d’évaluer les avancées enregistrées au cours des cinq dernières années et d’identifier les principaux défis auxquels demeure confronté le secteur. Les travaux ont également abouti à l’élaboration d’une feuille de route nationale destinée à renforcer la gouvernance et la réglementation de la sécurité privée en Guinée.
Trois jours de réflexions pour renforcer la gouvernance du secteur
Prenant la parole devant les participants, le responsable du programme Paix, Justice et Sécurité du CECIDE et chef de projet, Namoussa Condé, a expliqué les objectifs poursuivis à travers cette initiative.
« Pendant ces trois jours de formation, les facilitateurs ont échangé avec les participants autour de plusieurs thématiques majeures, notamment la présentation du rapport de l’étude complémentaire dans toutes ses composantes. En novembre 2025, nous avons conduit une étude sur le secteur de la sécurité privée. Ces 72 heures nous ont permis de soumettre le rapport issu de cette étude aux observations et analyses des acteurs concernés afin de l’améliorer et de le valider.Après cette étape, nous avons travaillé sur l’élaboration d’une feuille de route nationale. Les échanges ont été particulièrement riches, notamment autour de six thématiques prioritaires qui ont permis de dégager des recommandations concrètes. Toutes ces activités s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration de la gouvernance du secteur de la sécurité privée en Guinée, mais également en Afrique de l’Ouest. La Guinée évolue aujourd’hui aux côtés de plusieurs pays de la sous-région qui se sont engagés à donner à ce secteur un cadre de développement plus structuré. Les conclusions de cette feuille de route feront l’objet d’échanges avec les autorités compétentes, notamment l’ORASPC et le département en charge de la Sécurité, pour le bénéfice de tous les acteurs du secteur », a-t-il expliqué.
Évoquant l’utilité du document élaboré au cours de l’atelier, Namoussa Condé a précisé :
« Cette feuille de route servira de guide aussi bien pour les organisations de la société civile que pour le régulateur qui est l’Office de Régulation des Agences de Sécurité et de Protection Civile l’ORASPC, ainsi que pour les entreprises de sécurité privée. Elle nous permettra d’identifier les prochaines étapes à franchir afin d’améliorer durablement la réglementation et la gouvernance du secteur de la sécurité privée en Guinée. »
Les entreprises de sécurité privée saluent l’initiative
Parmi les bénéficiaires de la formation figurait Mme Daff Madina, dirigeante d’une société de sécurité privée. Elle a salué la qualité des échanges et l’engagement du CECIDE en faveur de la professionnalisation du secteur.
« Je salue cette initiative. Les débats ont été particulièrement inclusifs et constructifs. Cette formation nous a permis de renforcer nos connaissances sur un secteur qui reste confronté à de nombreux défis. Ce que nous souhaitons avant tout, c’est une meilleure réglementation de la sécurité privée, car il existe encore un vide juridique qui favorise certains abus.
Le fait que les autorités et le CECIDE s’engagent à nous accompagner dans cette démarche et à mettre à notre disposition une feuille de route constitue une avancée majeure. Les discussions ont été très fructueuses et nous avons formulé plusieurs recommandations qui, nous l’espérons, seront prises en compte dans le document final.La sécurité privée contribue non seulement à la création d’emplois, mais aussi à la lutte contre la criminalité et la pauvreté. En offrant des opportunités professionnelles aux jeunes, nous participons également aux efforts de maintien de la paix et de la stabilité sociale. Lorsqu’un jeune a un emploi, il est moins exposé aux phénomènes de violence et de délinquance. Nous remercions sincèrement le CECIDE et son partenaire pour cette importante session de renforcement des capacités », a-t-elle déclaré.
Aboubacar Diallo : « La Guinée constitue aujourd’hui une référence dans la sous-région »
Dans son intervention, le Directeur exécutif du CECIDE, Aboubacar Diallo, a salué les progrès déjà accomplis par la Guinée dans l’organisation et l’encadrement du secteur de la sécurité privée.
« La Guinée a déjà accompli des progrès significatifs dans la structuration et l’encadrement du secteur de la sécurité privée. Elle constitue aujourd’hui un exemple pour plusieurs pays de la région. La mise en place d’organes de régulation, l’adoption de textes réglementaires ainsi que les efforts consentis en matière de formation et d’organisation du secteur traduisent une réelle volonté d’améliorer sa gouvernance.Toutefois, les acquis enregistrés doivent désormais être consolidés et traduits en actions concrètes et coordonnées. Lors des échanges régionaux organisés à Dakar en décembre 2025, auxquels ont pris part neuf pays ouest-africains, il est apparu clairement que plusieurs défis demeurent communs à l’ensemble de la sous-région. Les cadres réglementaires existent, mais leur application reste parfois inégale et souvent dépassée par l’évolution rapide du secteur, notamment avec l’émergence de nouvelles technologies et de nouvelles formes d’activités de surveillance. C’est pourquoi il est indispensable de renforcer la coopération régionale, de partager les expériences nationales et de développer des approches communes », a-t-il souligné.
Poursuivant son intervention, le Directeur exécutif du CECIDE a insisté sur la nécessité de produire un document réaliste et opérationnel.
« Cet atelier constitue une étape essentielle dans l’élaboration d’une feuille de route nationale. Celle-ci doit être réaliste, pragmatique et orientée vers l’action. Nous ne voulons pas produire un document qui restera lettre morte. Il doit définir clairement les actions à entreprendre, les responsabilités de chaque acteur ainsi que les échéances de mise en œuvre.
L’objectif général est de valider officiellement le rapport de l’étude complémentaire, de recueillir les observations des différentes parties prenantes, d’enrichir le document à travers les échanges et de parvenir à un consensus sur sa version finale. À terme, nous voulons disposer d’un rapport validé par l’ensemble des acteurs et d’une feuille de route nationale capable d’accompagner efficacement le développement du secteur », a-t-il indiqué.
Un appel à une synergie d’actions
S’adressant aux participants, Aboubacar Diallo a lancé un appel à une collaboration renforcée entre tous les acteurs concernés.
« Chaque acteur a un rôle spécifique et complémentaire à jouer afin de garantir un cadre équilibré, respectueux des principes de bonne gouvernance. Nous avons aujourd’hui une occasion importante de renforcer cette collaboration et de construire une vision commune des priorités nationales.Le CECIDE et le DCAF espèrent que les réflexions menées au cours de cet atelier contribueront à nourrir les futures discussions régionales. Vous disposez des compétences et des atouts nécessaires pour faire de la sécurité privée un véritable levier de croissance économique, de développement et de stabilité pour notre pays », a-t-il conclu.
À travers cette initiative, menée dans le cadre de son programme Paix, Justice et Sécurité avec l’appui financier du DCAF, le CECIDE réaffirme sa volonté d’accompagner les autorités et les acteurs du secteur dans la mise en place d’un cadre de gouvernance plus efficace, au service de la professionnalisation et du développement de la sécurité privée en Guinée.
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