La question des énergies renouvelables en Guinée continue de susciter l’intérêt des acteurs du développement. Vendredi 7 novembre, le Centre du Commerce Internationale pour le Développement (CECIDE) a réuni à Conakry une trentaine de participants issus de la société civile, des communautés riveraines des barrages hydroélectriques, d’organisations telles que ADREMGUI, Action Mines, des Médias et autres, autour de l’ atelier d’information et d’échanges de la société civile sur les politiques publiques dans le secteur d’énergies renouvelables en Guinée : état des lieux, perspectives et enjeux.

Pour Alpha Diallo, responsable du suivi au sein de la coalition CODEC (Collectif des organisations de la société civile pour la défense des droits des communautés), cette rencontre représente un moment clé : « Je pense que c’est un atelier qui est extrêmement important pour nous, pour les acteurs de la société civile, que ce soit aussi également les acteurs du secteur privé, puisque c’est un atelier qui va nous permettre d’avoir une compréhension globale des potentialités énergétiques en Guinée et ce qui peut être fait entre les membres du gouvernement et les acteurs de la société civile dans le but vraiment de contribuer à la réussite de cet atelier. »
Il ajoute :« Durant cet atelier, nous avons appris beaucoup de choses, notamment les potentialités énergétiques du pays et les avantages liés à l’implantation des énergies renouvelables. En tant que CODEC, nous avons aussi partagé notre vision de la transition énergétique, en lien avec les engagements pris dans l’accord de Paris de 2015. »

Alpha Diallo estime que cette dynamique doit déboucher sur une véritable feuille de route commune : « Il faut qu’il y ait une certaine ouverture pour que les acteurs de la société civile puissent participer à l’élaboration des différentes politiques en matière d’énergie en Guinée. »

De son côté, Dembadouno Albert Saa, chargé des énergies renouvelables à la Direction nationale de l’énergie et consultant pour le CECIDE, a dressé un état des lieux du secteur : « De façon générale, je vais parler des énergies renouvelables, leur état des lieux, où en sommes-nous et les perspectives, où voulons-nous aller. (…) Aujourd’hui, nous avons une capacité installée de 1300 MW, dont 815 MW d’hydroélectricité, soit 62 %. Mais nous manquons encore de projets solaires d’envergure. »

Cet expert a précisé que plusieurs projets sont en préparation : « D’ici mi-2026, nous allons commencer la réalisation des travaux pour certains projets. Nous voulons former des cadres et établir un atlas complet des sources d’énergie renouvelable disponibles, qu’il s’agisse de la petite hydroélectricité, de l’éolien, du solaire ou de la biomasse. »

Pour Diallo Aboubacar, Directeur Exécutif du CECIDE, cet atelier s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris pour élargir l’accès à l’électricité : « Selon le dernier rapport de la Banque africaine de développement, la Guinée, qui était à 18 % de taux d’accès à l’électricité en 2011, se trouve aujourd’hui à 46,8 %. C’est un effort à saluer. »
Il a rappelé que la création de l’Agence nationale des énergies renouvelables (ANER) en 2023 marque une étape importante : « L’objectif est de rendre cette structure pleinement fonctionnelle afin que les communautés puissent bénéficier de l’énergie renouvelable. Cet atelier vise justement à faire connaître l’ANER, ses objectifs et ses missions auprès des acteurs de la société civile et des communautés impactées par les barrages. Identifier les opportunités de participation de la société civile aux réformes en cours et celles envisagées en matière d’énergies renouvelables. Faire comprendre aux participants l’état des lieux des énergies renouvelables en République de Guinée (cadre légal, réglementaire, institutionnel et politique ainsi que les défis en matière de règlementation et de gouvernance. »

Avant de conclure :« Ce présent atelier vise à promouvoir l’accès à une énergie propre, durable et accessible pour les communautés à la base, en droite ligne avec la volonté de l’État. »

Conformément à l’agenda prévisionnel, les échanges ont suivi plusieurs étapes clés. En définitive, cet atelier aura permis de poser les bases d’une collaboration plus étroite entre les parties prenantes, en vue d’une transition énergétique durable et inclusive en Guinée.

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