Dans le cadre de sa mission d’accompagnement, de protection et de défense des communautés impactées par les activités minières, le Centre du Commerce Internationale pour le Développement (CECIDE) a organisé, du 24 au 28 novembre 2025, une importante session de formation à l’intention des représentants des communautés du corridor Simandou. Cette formation s’inscrit dans le cadre du Processus de Facilitation de l’Action Collective (F-CAP), dont le démarrage est prévu en 2026.
L’objectif de cette initiative est d’élaborer de manière inclusive, avec l’ensemble des parties prenantes, les documents cadres de suivi-évaluation du projet, afin de permettre aux communautés bénéficiaires de définir et porter elles-mêmes leur vision de développement.
Pendant cinq jours, des participants venus de Konsankoro et Damaro (préfecture de Kérouané), Ourekaba (Mamou), Sékousorya (Kindia) et Singuelin (Forécariah) ont été outillés sur plusieurs thématiques essentielles : les principes du suivi-évaluation, le rôle des facilitateurs dans la mise en œuvre du F-CAP, l’élaboration du cadre logique avec un accent sur la définition et le suivi des indicateurs des projets socio-communautaires, la théorie du changement, le mécanisme de feedback, ainsi que les techniques de mobilisation et de participation communautaire. Les échanges ont également porté sur les bonnes pratiques, les défis de mise en œuvre du processus et la gestion des projets communautaires.
Une formation orientée vers l’autonomisation des communautés.
Procédant au lancement officiel de l’atelier, le Directeur exécutif du CECIDE, M. Aboubacar Diallo, a expliqué aux participants les enjeux et les objectifs de cette formation.

« Cet atelier vise à vous aider à identifier des alternatives durables aux seuls emplois offerts par les sociétés minières. Au-delà des projets et des emplois miniers, il existe d’autres activités à développer dans vos communautés grâce au processus de facilitation de l’action collective. Ce processus, déjà expérimenté avec succès à Kintinian ainsi que dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment au Ghana, en Sierra Leone et au Liberia, permet aux communautés de s’organiser elles-mêmes pour initier leur propre vision du développement collectif », a-t-il déclaré.
Il a souligné que cette approche vise à rendre les communautés plus outillées et autonomes dans la conduite de leurs initiatives locales.
Avant la clôture de la formation, le Directeur exécutif a exhorté les bénéficiaires à capitaliser les acquis pour le développement de leurs localités.

« Vous êtes à votre première formation en suivi-évaluation, d’autres suivront avant la phase d’implémentation du projet F-CAP. La connaissance que vous acquérez ici est plus précieuse que l’argent, car elle vous permettra de structurer durablement le développement de vos communautés. Retenez l’essentiel et mettez-le au service de vos localités », a-t-il conseillé.
Des outils modernes pour un suivi rigoureux des projets.
De son côté, M. Elfried Dossavi-Messy, Coordonnateur Suivi-Évaluation et Apprentissage à Advocate for Community Alternatives (ACA) basé au Ghana, et formateur principal de l’atelier, a rappelé le contexte de mise en œuvre de cette formation.

« Il s’agit d’un atelier de structuration et d’élaboration des documents cadres du suivi et de l’évaluation du projet F-CAP Simandou. À la suite de l’étude de base réalisée dans les communautés, il est apparu nécessaire de former les facilitateurs identifiés aux outils techniques de suivi-évaluation afin d’assurer un accompagnement efficace des initiatives socio-communautaires à mettre en œuvre », a-t-il expliqué.
Résolument axée sur la pratique, la formation a abordé plusieurs modules clés, notamment l’importance du suivi-évaluation dans la gestion des projets, l’élaboration du cadre logique, la théorie du changement, ainsi que l’initiation aux outils numériques de collecte, d’analyse et de visualisation des données tels que KoboCollect, ComCare et Zoho Analytics.
Selon le formateur, un système performant de suivi-évaluation constitue le pilier central de tout projet, car il permet d’assurer un pilotage régulier, d’apprécier les progrès réalisés, d’ajuster les actions et d’atteindre efficacement les résultats escomptés.

Il a par ailleurs salué l’engagement des participants et la qualité du partenariat avec le CECIDE, dont il a reconnu les actions en faveur des communautés affectées par l’exploitation minière.
Des bénéficiaires engagés pour le développement local.
Au nom des participants, M. Bangaly Cissé (Konsankoro, sous-préfecture de Kerouane) et M. Mamadou Dioudia Sow (Ourekaba, préfecture de Mamou) ont exprimé leur satisfaction au terme de la formation.

« Grâce au CECIDE et à son partenaire ACA, nous avons renforcé nos capacités en suivi-évaluation, mobilisation communautaire, identification et mise en œuvre de projets. Nous avons surtout compris que les projets appartiennent aux communautés et que celles-ci doivent être pleinement impliquées à toutes les étapes. Nous repartons mieux outillés pour jouer pleinement notre rôle de facilitateurs communautaires », ont-ils témoigné.

Ils ont également plaidé pour le renforcement des formations en faveur des femmes, considérées comme des actrices majeures du développement local.
Une expérience capitalisée depuis 2019.
À rappeler que le CECIDE expérimente avec succès le modèle F-CAP à Kintinian depuis 2019, dans le cadre de l’accompagnement de la communauté d’Area-One. Les résultats positifs enregistrés ont conduit le partenaire financier ACA Advocates for Community Alternatives à renouveler sa confiance à l’institution dirigée par M. Aboubacar Diallo, en vue d’étendre le programme au corridor Simandou.


À travers cette extension, les communautés de Konsankoro, Damaro, Ourekaba, Sékousorya et Singuelin sont désormais accompagnées pour définir de manière participative leur propre vision de développement et assurer une gestion communautaire efficace et durable de leurs projets.
Service Communication





